Depuis 1600 ..

Pendant une cinquantaine d’années de calme après l Edit de Nantes (1598) les maisons sont relevées et les troupeaux reconstitués. Les protestants et les catholiques sont en nombre équivalent. Le synode du Dauphiné se réunit à Mens où les protestants créent une école . Les catholiques avaient pour chef l eveque de Die qui faisait de régulières visite en Trieves .

En 1622 Lesdiguières abjura la religion protestante et fut aussitôt nommé connétable par LOUIS XIII.

Puis vint Richelieu en 1624 qui supprima tous les privilèges locaux, rasa les châteaux forts et par son gouverneur du Dauphiné fit abattre les deux tours et fortifications de Mens :

«  Faire desmolir et abattre en toutte diligence les deux tours qui sont dans ladite ville, res pied, res terre, en sorte qu’elles ne puissent servir d’aucune deffance, mandant aux chaïns et consulz d’y tenir soigneusement la main et de nous tenir adverti dans trois jor de ces dilligences, à payne de respondre en les personnes et biens, du mal quy y pourroit arriver.

Faict à La Mure, le XXI d’April mil VIe vingt-huit. »    Sault, Montaigne. » ( Deposé aux Archives de Mens )

Ce fut le début de l’absolutisme royal jusque dans notre campagne  

Au début du XVIIe le protestantisme était bien implanté en Trieves ; Mens, Saint Sébastien et St Jean d Herans comptaient 90% de protestants .

Apres la mort d Henri IV ( 1610) l évêché de Die et le pouvoir royale limitent fortement les libertés de culte avec pour point g orgue la révocation de l Édit. de Nantes en 1684. Louis XIV envoya ses Dragons à Mens pour forcer les récalcitrants à se convertir ; le procédé était simple : les soldats habitaient exclusivement chez les protestants et consommaient toutes leurs ressources jusqu à leur conversion  !

 « Extraits des « rôles d’assemblée ». Archives de Mens

Afin de prévenir les désordres que la Révocation pourrait exciter dans le Trièves, une compagnie de dragons du régiment Dauphin arrive à Mens.

« Par devant nous, Pierre Bermond, châtelain pour le roi à Mens et mandement de Trièves, sont comparus messire Paul Curty, prieur et curé de Mens, lequel nous a remontré qu’une compagnie de dragons royaux, laquelle compagnie est arrivée ce jour d’hui, logera chez tous les habitants de Mens personnelle ment jusqu’à ce que chacun desdits habitants, aie fait son devoir, savoir qu’ils se confesseront et fréquenteront les sacrements comme le souhaite sa Majesté. Ensuite de quoi, on a fait assem bler tous les habitants du bourg pour donner leur suffrage, « promettant par leur seing au bas de la présente d’effectuer, si

cela n’a été fait, ce que souhaite sa Majesté. Ceux qui ne comparaîtront pas à la présente assemblée supporteront en pure perte ledit logement conformément aux ordres du roi. »

Ce 26 Mai 1686.

Le 30 Mai 1686, « tous les habitants assemblés, d’un même sentiment, ont déclaré qu’ils sont prêts à faire leur devoir de bons catholiques comme le souhaite sa Majesté. Ils demandent jusqu’à dimanche prochain pour être « confessés, ce qu’ils promettent d’exécuter, et ont signé…  »

( Extrait de Histoire du Trièves – Aimé Beaup )

On constate alors une forte immigration des habitants du Trieves, donc du Monestier aussi, vers la Lorraine et la Bourgogne. (308 habitants )

 L’agriculture évolue lentement et la disette est toujours possible ; De ce fait l’industrie n est plus juste familiale et devient peu à peu artisanale : le Trieves devient la fabrique de draps à partir de la laine des moutons de nos campagnes. ( Règlement des Manufactures Royales de drap, 1669 )

Initié par François Ier les mines de fer du Trieves ( prés de Mens) donnent naissance à une industrie métallurgique : on trouve aux Portes un fourneau et des forges se construisent sur beaucoup de ruisseaux. On y fabrique des outils agricoles et des clous. Le charbon de bois fait dans les forets de Lalley ou de St Maurice était le combustible de ces fourneaux.

C est l époque dans le Trieves des inondations et glissements de terrain : à St Martin de Clelles par l Orbanne, à Tréminis par l Ebron, à Prébois, Lavars et Roissard ; Au point qu il est dit que la surface cultivable à diminué d un tiers !

Sans oublier les loups et les ours encore bien présents dans nos forets comme en témoigne le seigneur de Monestier du Perçy : Jouven de la Blachette en 1731 dans un courrier dans lequel il relate l agression de deux femmes par un loup ;

Inondations d un coté, incendies en serie de l’autre car les maisons avaient toutes un toit de chaume ; celui de Lalley en juin 1762 qui brula les registres de BMS en plus de cent maisons , et fort heureusement un seul decés : Marie Poyte de 45 ans.

Vivant péniblement de leur dur labeur, accablés d impôts et de corvées  les paysans du Trieves etaient ‘murs’ pour la Révolution à venir.

En juillet 1788, aux États du Dauphiné, le Trieves était représenté par deux nobles, le comte de Morges et le marquis de Langon ( château de Montmeilleur) , aucun ecclésiastique et parmi les 325 députés un de Clelles et un de Mens. Mais dés la Révolution proclamée les seigneurs du Trieves émigrent en nombre vers l Allemagne ;

Les paysans dés l année 1790 menaient leurs troupeaux paitre où ils le souhaitaient, et coupaient leur bois dans les ex forets des seigneurs ; de joie tous papiers et titres trouvés dans les châteaux étaient brulés à Tréminis, Lalley ( 1793).

Le problème des prêtes réfractaires connut un épisode dans notre commune : M. Bethon de Monestier fut condamné à mort pour avoir caché un curé ancien régime ; il ne dut son salut qu à la mort de Robespierre. Les Trievois, catholiques comme protestants, protégèrent les curés réfractaires ; un seul fut exécuté celui de Mens, M. Bac ( 1794) avec parfois des épisodes étonnants  comme la location de la cure et ds jardins de Monestier en aout 1794 !

Les battants de cloches et les cordes sont enlevés mais remises en place en 1797. Toutes ce mesures sont appliquées par la garde nationale qui dans notre canton de l époque, celui de St Maurice, comptait  62 citoyens repartis sur Prebois, St Maurice, Treminis, le Perçy et Monestier

L’assemblée nationale plaça le Trieves dans le département de l Isère et le divisa en six cantons ; En 1802 une nouvelle organisation réduit ce nombre à trois cantons. Mais dés le Concordat de juillet 1801  les Monesteroux purent de nouveaux entrer dans leur église dont la façade était marquée de la devise «  Liberté Égalité Fraternité «    Toutes les paroisses passèrent sous l’autorité de l eveque de Grenoble et ici M Robert, curé,  officie jusqu en 1805.

La liberté de culte retrouvée les prêtes réfractaires sortirent de  l’ombre. En 1822 le pasteur Blanc fonda une école modèle à Mens pour former des instituteurs pasteurs et en 1826 fit ériger le Temple de Mens.

C est aussi à cette date ( 1825) que commenca la construction de notre actuelle RN 75 par Louis Crozet, polytechnicien, originaire pour moitié de Mens. En 1828 la route fut classée route royale. Le réseau fut complété par des routes de Lalley à la Mure, de Mens à Monestier de Clermont. Au debut du XIXe le Monestier est la plaque tournante commerciale du Trieves. Des mulets partent de Die chargés de vin et repartent avec avoine, draps et clous. Dans les écuries de notre village on peut parfois compter une centaine de mulets !

D autres ressources étaient apportées par la transhumance ( les agneaux vendus jusqu à Lyon, ), par l industrie du  tissage de la laine des moutons de nos montagnes, le tissage du chanvre et par les draps renommés au point que les Bretons venaient ici chercher la toile de leurs voiles.

En 1840 l’apparition des premières tuiles plates à crochet fit disparaitre les incendies, en 1841 notre village récupéra les hameaux des Bayles et du Serre et en 1850 l eau coule enfin à flots dans les bassins du village.

De fait c est en 1848 que la population de Trieves eut son apogée avec 17 250 habitants .

Mais pour atténuer tous ces progrès en 1854 une épidémie de cholera ravage le Trieves . c est à cette date que la chapelle des Bayles est érigée pour se mettre sous la protection de St Roch ; Un culte est toujours pratiqué chaque année le 16 aout.

A suivre !